Les premières pages · Extrait gratuit

Psoriasis :
reprendre le contrôle

Comprendre sa peau, adapter son quotidien et retrouver confiance

KV Serein

Avant de commencer

Je publie sous le pseudonyme KV Serein. Les noms, les lieux, les métiers et certains événements de ma vie familiale et professionnelle ont été modifiés ou recomposés pour protéger mon identité et celle de mes proches. Cette partie du récit comporte donc une mise en scène littéraire. Les dialogues reconstitués ne sont pas des transcriptions.

Mon histoire avec le psoriasis, les soins dont je me souviens et les changements que j’ai observés constituent le fond personnel de ce livre. Les dates approximatives restent approximatives. Les photographies personnelles évoquées montrent ma peau à des moments précis; elles ne permettent pas, à elles seules, d’expliquer les changements entre ces moments. Elles ne sont pas reproduites dans cette version. Les illustrations montrent des scènes fictives.

Je ne suis pas médecin. Je raconte mes décisions, mes erreurs et mes observations. Les recettes et les outils pratiques donnent des idées pour organiser le quotidien; ils ne constituent pas un traitement du psoriasis. Mon expérience ne permet pas de prédire votre résultat. Ce livre et ses menus n’ont pas fait l’objet d’une validation clinique ni d’une relecture par un professionnel de santé.

Avant des changements alimentaires importants, parlez-en au professionnel qui vous suit, notamment en cas d’allergies, de maladies associées, de grossesse ou de traitement médicamenteux. Les adaptations doivent tenir compte de vos besoins alimentaires. Toute modification d’un traitement prescrit se décide avec le professionnel qui vous suit.

Introduction — Un été en short

Un homme en short regarde la mer, illustration du souvenir de l’été 2020.

Illustration d’une scène fictive.

À l’été 2020, je suis parti au bord de la mer et j’ai mis un short.

Une phrase ordinaire. On pourrait la retrouver dans le récit de n’importe quelles vacances. Pour moi, elle avait du poids.

L’année précédente, mes deux jambes portaient des plaques. J’en avais aussi sur les bras. Par moments, les démangeaisons prenaient toute la place. La chaleur et la transpiration pouvaient rendre le quotidien encore plus pénible. Travailler devenait inconfortable. Porter un short ne m’était plus possible comme avant.

Sur une photographie du début de 2019, on voit une grande zone rouge et squameuse sur ma jambe. Sur une autre, plusieurs plaques occupent une partie de l’autre jambe. Je garde ces images parce que ma mémoire, à elle seule, ne raconte pas tout.

Puis il y a cette photographie de l’été 2020. Je suis assis dans un transat, les jambes découvertes. Elle ne mesure rien. Elle raconte un moment de ma vie auquel je tiens.

Entre ces images, il y a les repas, les essais, les questions et les heures de recherche. Il y a les rendez-vous, les produits auxquels j’ai fait confiance, les conseils qui paraissaient convaincants et les résultats que j’attendais. Il y a aussi les difficultés qui continuent pendant qu’on essaie de s’occuper de sa peau : trouver du travail, payer le logement, faire les courses, vivre avec les autres.

J’avais commencé à chercher des réponses dès les premières années. En 2019, cette recherche est devenue beaucoup plus intense. Je lisais, je regardais des vidéos, je comparais les témoignages. Une idée conduisait à une autre. Chaque nouvelle piste semblait pouvoir contenir ce que je n’avais pas encore compris.

Le problème arrivait ensuite, dans la cuisine ou devant un tube de crème : que faire de tout cela ?

Une personne conseillait un produit ; une autre le déconseillait. Un témoignage montrait une peau améliorée, sans expliquer tout ce qui avait changé au même moment. Un tableau classait les aliments avec une assurance que je n’arrivais pas à retrouver dans ma propre expérience. Il fallait choisir, essayer, attendre, puis se demander ce que le résultat voulait dire.

Pendant ce temps, les démangeaisons continuaient.

Si vous avez déjà consacré une soirée entière à chercher une réponse pour votre peau, vous connaissez peut-être cette fatigue. On peut avoir beaucoup lu et rester incertain devant le prochain repas. On peut suivre une habitude avec application et ne pas savoir comment l’expliquer à ceux qui partagent sa table.

Ce livre vient de là.

Je vais raconter le premier signe, les consultations, l’attrait d’un produit présenté comme naturel, mes recherches et les changements que j’ai faits dans mon alimentation. Je vais aussi raconter ce que ces changements demandaient à la maison. Une liste d’aliments prend peu de place sur une page. Dans une famille, elle occupe le réfrigérateur, le temps de préparation et les conversations.

J’ai longtemps pensé qu’il suffisait de trouver la bonne information pour savoir quoi faire. J’ai appris que sa mise en pratique comptait tout autant : avoir de quoi préparer un repas après une journée fatigante, pouvoir partager une partie du dîner, expliquer un choix sans commencer une dispute.

La partie pratique de ce livre accompagne ces situations. Vous y trouverez des idées de repas, un mois de menus à adapter, des substitutions et un carnet d’observation. Vous pourrez vous servir de ces outils selon vos besoins, vos goûts et les repères convenus avec le professionnel qui vous suit.

Dans mon parcours, plusieurs choses ont changé. Mon alimentation, mon poids, certaines habitudes, mes conditions de vie. J’ai associé des améliorations à ce que je faisais, mais je ne peux pas mesurer la contribution de chaque changement. Raconter précisément ce chemin me paraît plus utile que lui donner une explication unique.

Aujourd’hui, en octobre 2026, mon alimentation est plus large qu’au cours de la période la plus stricte. Je mange parfois une glace ou un kebab sans sauce. Il m’arrive de boire une bière. Ces détails font partie de la vie que je mène au moment d’écrire. Ils montrent que mon histoire continue, avec des habitudes qui évoluent.

J’ai pris une nouvelle photographie de mes jambes. Comme les anciennes, elle montre un moment précis. Je voudrais un jour les présenter ensemble, avec leurs dates et leur contexte. Dans ces pages, je raconte aussi l’histoire entre les images.

Quand je pense au short de l’été 2020, je pense surtout à la place que ma peau avait prise dans ma vie. J’aurais aimé disposer plus tôt d’un récit qui parle aussi des courses, des proches et des questions qu’on n’arrive pas toujours à formuler en consultation.

Voici le mien.

Il commence par une petite marque sur une jambe. Une marque que je pensais voir disparaître.

1. La petite marque qui restait

Un homme remarque une petite marque sur sa jambe.

Illustration d’une scène fictive.

Au début, il n’y avait qu’une petite marque.

Je situe son apparition vers 2011 ou 2012. Je ne peux plus donner un mois précis. Sur ma jambe, une petite bosse rouge ressemblait à un bouton, sans pus. Elle démangeait un peu. Elle ne paraissait pas annoncer quelque chose qui allait m’accompagner pendant des années.

J’attendais qu’elle passe.

Certains jours, elle me grattait. D’autres jours, je ne sentais rien. Cette alternance me laissait croire qu’elle allait finir par disparaître. Quand elle ne me gênait pas, je pouvais facilement reporter la question.

Elle est restée. Elle a même un peu grandi.

Cette première période a duré longtemps : un an, peut-être davantage, peut-être près de deux. Aujourd’hui, je pourrais rendre ce début plus net en lui donnant une date et une suite d’événements parfaitement ordonnée. Ce serait plus commode à raconter. Mon souvenir est plus flou, surtout pour le temps passé à attendre.

La petite marque, elle, est restée nette dans ma mémoire.

Je me souviens d’avoir consulté un premier dermatologue. Le mot qu’il avait employé, selon mon souvenir, était « neurodermite ». Il m’avait prescrit de l’hydrocortisone.

J’ai appliqué le produit. Pour le résultat, je retrouve encore la même hésitation : il me semblait parfois qu’il y avait un effet, parfois que rien n’avait vraiment changé. Je ne pourrais pas donner la concentration, la durée exacte d’utilisation ou un bilan précis de cette période.

Ce que je sais, c’est que la marque ne disparaissait pas durablement de ma vie.

Elle ne me gênait pas assez pour occuper chaque journée. Je continuais à penser qu’elle finirait par passer. C’est un équilibre étrange : quelque chose reste là, on le remarque, puis on retourne à ce qu’on faisait. Tant que le reste du corps semble tranquille, l’attente peut prendre beaucoup de place sans qu’on la considère comme une décision.

Puis j’ai remarqué de petites marques ailleurs.

Il y en avait quelques-unes sur les bras et sur l’autre jambe. Dans mon souvenir, le centre était rouge et la peau se détachait un peu sur les bords. Elles étaient petites, mais leur présence changeait ma manière de regarder la première.

Elle n’était plus seule.

En 2013, j’ai consulté un autre dermatologue. Cette fois, le diagnostic annoncé était un psoriasis.

Ce mot a donné un nom à ce que je voyais. Il n’a pas réglé toutes les questions que j’allais avoir. Je savais enfin comment appeler le problème, mais il fallait encore comprendre les soins, les variations et cette impression de recommencer.

Le médecin m’a prescrit un autre corticoïde local, plus fort que le premier selon ce que j’avais compris. Je n’en garde pas un souvenir assez sûr pour le nommer ici.

Les petites marques sur les bras ont disparu. J’avais l’impression que ce produit agissait davantage. Sur la jambe, en revanche, la première zone a grandi. Je raconte ce que j’ai vu pendant cette période ; je ne sais pas ce qui explique cette différence entre les endroits.

Par la suite, les autres marques allaient et venaient. Il y en avait peu. Celle de la jambe restait toujours présente. Pour donner une idée de sa taille dans mon souvenir, je la compare à une pièce d’un euro. Sa forme était irrégulière. Ce n’était évidemment pas une mesure prise avec une règle.

Une pièce d’un euro : peu de place sur une jambe. Beaucoup de temps quand les semaines deviennent des mois.

J’avais commencé à lire sur les problèmes de peau dès les premières années. Après le diagnostic, mes recherches avaient un mot plus précis. Je pouvais chercher « psoriasis », lire des explications et découvrir des récits de personnes qui parlaient de quelque chose que je commençais à reconnaître.

Je voulais surtout savoir comment m’en débarrasser.

À cette époque, je travaillais dans un bureau. À proximité, il y avait un endroit où j’aimais déjeuner. Je commandais souvent un plat avec des haricots rouges. Il était bon, et pendant une pause de travail, c’était déjà une raison suffisante pour le choisir.

J’ai commencé à remarquer que mes plaques semblaient plus rouges et me démangeaient davantage après certains de ces repas.

Au début, j’ai pensé que je me trompais. Une impression peut être convaincante sans être facile à vérifier. Je mangeais un plat entier, avec plusieurs ingrédients. Les journées ne se ressemblaient pas complètement. Je n’avais pas de notes qui auraient permis de comparer proprement les épisodes.

Pourtant, en retrouvant cette impression à plusieurs reprises, j’ai fini par la prendre au sérieux. Le plat avec les haricots rouges s’est associé, dans ma mémoire, à ces moments où ma peau se faisait davantage sentir.

Ce souvenir est resté important dans mon histoire. Je ne peux pas en isoler un ingrédient responsable. Je peux dire que j’avais commencé à regarder ce que je mangeais avec une question supplémentaire : est-ce que cela change quelque chose pour moi ?

Cette question allait prendre beaucoup plus de place quelques années plus tard.

À ce stade, je n’avais pas de méthode. J’avais un diagnostic, des produits prescrits, une marque persistante et quelques impressions que je ne savais pas encore organiser. Les petites zones qui disparaissaient me donnaient de l’espoir. Celle qui restait me poussait à continuer les recherches.

Aujourd’hui, je peux raconter ce début avec le vocabulaire appris ensuite. À l’époque, je vivais les choses dans un ordre beaucoup plus simple : une marque, de l’attente, une consultation, un produit, puis une autre marque.

La suite est arrivée par internet.

Des avis enthousiastes. Des photographies de résultats. Un produit présenté comme naturel.

J’y ai vu une possibilité à laquelle j’avais très envie de croire.

Fin de l’extrait

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